Hip, Hippies Hourra ! ?
Voici quelques revues anciennes qui m’ont été judicieusement offertes, ( Top Réalités jeunesse ) dont un numéro du 17 décembre 1967 analysant le phénomène hippie me parait assez objectif par rapport à mon vécu. Contemporain du "movement", l’article retrace ses origines américaines situées à San Francisco jusqu'à sa dissolution récente pour s’appeler désormais les " Freebies ". L’analyse assez pertinente explique la différence avec leurs ainés, précurseurs de la Beat Generation d’où était né le mouvement " Beatnick " et leurs emblématiques représentants écrivains, poètes et anarchistes comme Jack Kerouac, Allen Ginsberg et autre Gregory Corso.
En fait les hippies de la côte Ouest étaient plutôt issus de la bonne bourgeoisie mais leur point commun était un grand malaise, celui d’une méga-société de consommation où les jeunes avaient du mal à se construire dans un monde fondé sur la réussite individuelle et le business forcené. ( aucun changement depuis…) qui auront raison de leur rébellion en les transformant en bêtes curieuses pour les médias et en faisant la fortune des marchands de soierie, guirlandes et autres gadgets.
Le journaliste fait la comparaison entre la mode hippie qui débarque en France via l’Angleterre et ses petits cousins les " Beautiful People " pastichant ainsi le mouvement originel dénué de toutes motivations semblables aux américains d’autant plus que nous n’étions pas vraiment concernés comme eux par la guerre du Viet-Nam, tout du moins dans le fait d’y être enrôlés de force.
Que me reste t’il de cette époque ? Je dois reconnaître, comme l’écrit le journaliste, qu’en réalité dans mes souvenirs de teenager, ne subsiste que la musique, beaucoup de musique, des amis, des couleurs et lumières psychédèliques, des graphismes extraordinaires, des fêtes mystérieuses et les fruits d'une alchimie unique comme un roman d'Alain-Fournier, de l’optimisme et surtout une belle insouciance…
